L’Ouganda, sans être un grand producteur aurifère, enregistre pourtant des chiffres d’exportation spectaculaires. Une performance qui s’explique en partie par la flambée des cours mondiaux, mais aussi par un commerce transfrontalier opaque nourri par l’instabilité chronique dans la région des Grands Lacs.
Selon les medias français, les revenus tirés de l’or ont connu une progression vertigineuse : de 1,26 milliard de dollars en 2019, ils pourraient atteindre 6,4 milliards de dollars en 2025. La hausse du prix de l’once, aujourd’hui proche de 5 000 dollars, a largement contribué à cette envolée. L’or représente désormais près de 47 % des recettes d’exportation ougandaises, reléguant au second plan des produits traditionnels comme le café et le cacao.
Mais cette prospérité apparente ne reflète pas une augmentation significative de la production nationale. Lors d’un forum économique, le gouverneur adjoint de la Banque centrale d’Ouganda, Augustus Nuwagaba, a lui-même reconnu que l’or exporté par son pays ne provenait pas nécessairement des mines locales, admettant qu’« il se peut qu’il ne soit pas à nous ».
Un commerce dopé par les conflits
Une part substantielle de cet or proviendrait en réalité de la République démocratique du Congo, pays voisin riche en ressources minières. Les provinces frontalières de l’Ituri et du Nord-Kivu, connues pour leurs importants gisements aurifères, sont également le théâtre de conflits armés persistants.


