Le procès de Roger Lumbala à Paris remet au centre du débat une question longtemps restée taboue en République démocratique du Congo : faut-il enfin juger tous les anciens chefs de guerre impliqués dans les atrocités documentées, notamment celles du rapport Mapping ?
Malgré les engagements du président Félix Tshisekedi en faveur de la justice transitionnelle, des milliers d’ex-seigneurs de guerre continuent d’occuper des postes clés au sein de l’État et des forces armées, sans jamais avoir été inquiétés par la justice.
Lors de l’ouverture du procès Lumbala, ce mercredi 12 novembre 2025, l’avocat des parties civiles, Maître Henri Thulliez, a salué la “cohérence” du travail mené par les autorités politiques et judiciaires françaises, tout en pointant du doigt le manque de coopération de Kinshasa.
Alors que Roger Lumbala et sa défense dénonçaient la compétence de la justice française, l’avocat a tenu à rappeler que Paris avait agi dans le strict respect de la souveraineté congolaise.
> “La France a totalement respecté la souveraineté congolaise. Elle n’a jamais entrepris le moindre acte d’enquête sur le territoire de la RDC sans l’autorisation expresse des autorités congolaises — une autorisation qui n’est finalement jamais arrivée”, a déclaré Maître Thulliez.
Pour étayer ses propos, il a révélé que la France avait envoyé cinq commissions rogatoires internationales à la RDC durant l’instruction, sans obtenir la moindre réponse.
Ancien chef du RCD-National, actif dans l’est du pays pendant la Deuxième Guerre du Congo, Roger Lumbala a ensuite été ministre du Commerce (2003-2005) avant de se présenter à la présidentielle de 2006.
Il est aujourd’hui jugé pour complicité de crimes contre l’humanité — meurtres, tortures, viols, esclavage et pillages — commis lors de l’opération « Effacer le tableau » entre 2002 et 2003 au Nord-Kivu et en Ituri.


