Les Nations unies veulent des garanties claires avant toute reprise d’activité à l’aéroport international de Goma. En visite à Kinshasa mardi, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a indiqué que l’organisation sollicite des « garanties de sécurité » de la part de toutes les parties au conflit dans l’est de la RDC. Objectif : permettre l’utilisation de l’aéroport de Goma comme base logistique pour le déploiement d’une mission de surveillance destinée à accompagner la mise en œuvre d’un cessez-le-feu.
L’est congolais, en proie à des violences récurrentes depuis trois décennies, fait face depuis fin 2021 à la résurgence du M23, mouvement soutenu par Kigali selon Kinshasa. Malgré la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington en décembre, les combats ne se sont pas totalement arrêtés. Le texte prévoit l’intervention de la Monusco pour superviser sur le terrain l’application d’un cessez-le-feu « permanent ». Une première phase de déploiement est envisagée dans les prochaines semaines à Uvira, ville stratégique frontalière du Burundi, brièvement occupée par le M23 en décembre avant son retrait sous pression diplomatique américaine.
Mais les modalités opérationnelles restent à préciser. La base onusienne la plus proche d’Uvira se situe à Goma, ville passée sous contrôle du M23 en janvier 2025 et dont l’aéroport est fermé depuis. « Nous ne sommes pas encore, loin de là, dans une situation de cessez-le-feu effectif », a reconnu Jean-Pierre Lacroix, évoquant d’abord des reconnaissances aériennes, puis un déploiement limité de personnel avant une éventuelle montée en puissance. « Il faudrait probablement partir de l’aéroport de Goma », a-t-il expliqué, en soulignant que toute opération dépendra au préalable d’engagements sécuritaires fermes de l’ensemble des acteurs présents sur le terrain.


