La Banque centrale du Congo (BCC) ne mâche pas ses mots. Dans un rapport récent, l’institution monétaire alerte sur une dérive qui, selon elle, gangrène la gestion des entreprises publiques : la politisation des nominations. Derrière un mécanisme de “récompense” à l’aveuglette—accordée aux militants, partisans et proches des formations politiques—se dessinerait une gouvernance de façade, marquée par des conseils d’administration fantômes et une absence de critères transparents et fondés sur le mérite.
Le diagnostic de la BCC est présenté comme “sans appel”. La sélection des cadres supérieurs, souligne-t-elle, ne suit “souvent” ni des procédures claires ni des exigences de compétence. Elle reposerait plutôt sur la fidélité politique—une logique qui réduit les nominations à des fonctions de loyauté davantage qu’à des responsabilités techniques. Autrement dit, la compétence ne serait plus le critère central : la proximité politique ferait office de passeport.
Des “administrateurs” sans travail, mais avec un coût
Au cœur de l’alerte figure la notion de conseils d’administration fantômes. Selon la BCC, ces instances seraient budgétivores, tout en n’assurant pas un travail effectif, ni un contrôle réel de la gestion. Leur existence, telle que décrite dans le rapport, ressemble à une institutionnalisation de l’inaction : des structures qui absorbent des ressources et dont l’utilité ne se mesure pas aux résultats.
Cette critique s’inscrit dans une logique plus large : la BCC observe une systématisation politique des nominations, transformant l’actionnariat d’État en mécanisme de distribution de postes. Les dirigeants des entreprises publiques ne seraient alors pas recrutés pour piloter des redressements, mais pour occuper—au sens strict—des responsabilités découlant de décisions politiques.
Samuel Nakweti


