Le récent appel à manifestation d’intérêt international pour la construction d’une usine d’assemblage de trains, locomotives et wagons en République Démocratique du Congo (RDC) semble prometteur. Pourtant, la perspective d’une réalisation s’étendant sur 25 à 30 ans, selon le projet rendu publique par le ministère des transports, suscite une vive inquiétude. Pendant que l’on parle de désenclavement, la question qui se pose est : peut-on vraiment se permettre d’attendre aussi longtemps ?
La RDC, avec son réseau ferroviaire de 5 000 kilomètres, souffre d’un état de délabrement avancé. Plus de la moitié de ses lignes sont actuellement non opérationnelles, conséquence d’un manque d’entretien et d’infrastructures vieillissantes. Dans ce contexte, attendre plusieurs décennies pour amorcer une véritable renaissance du secteur ferroviaire apparaît comme un non-sens. Les acteurs économiques et les populations ne peuvent plus se contenter de promesses à long terme, surtout lorsque des améliorations rapides sont non seulement souhaitables, mais aussi urgentes.
Le partenariat public-privé proposé semble idéal, mais sa mise en œuvre dans un délai aussi long soulève des doutes. Les précédentes expériences d’infrastructures en RDC sont souvent marquées par des retards considérables et des budgets enflés, ce qui accroît l’inquiétude quant à la capacité réelle des investisseurs à s’engager sérieusement dans un tel projet. De plus, les délais prolongés peuvent en réalité favoriser la stagnation et dissuader les initiatives privatives de réhabilitation des lignes existantes.
Les transporteurs, les entreprises locales et les citoyens, qui dépendent de ces infrastructures pour leurs activités quotidiennes, ont besoin de solutions immédiates. Il serait judicieux d’envisager une approche par étapes, mettant en œuvre des projets pilotes avec des résultats tangibles à court terme, plutôt que d’attendre des décennies pour un éventuel changement radical. La modernisation des infrastructures existantes pourrait se faire de manière itérative, apportant des bénéfices rapides tout en jetant les bases pour des projets plus ambitieux à long terme.
La RDC ne peut pas se permettre de rester inerte face à cette lenteur. Le désenclavement exige des actions rapides et audacieuses, non des promesses lointaines et incertaines. Les autorités doivent prendre conscience des conséquences d’une telle procrastination et se compromettre à offrir aux citoyens congolais des solutions réalisables et efficaces, sans avoir attendre un quart de siècle pour des résultats visibles. Le temps d’agir est maintenant.


