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dimanche, mars 22, 2026

Élections en Afrique — Une illusion démocratique ?

Faut-il encore croire à la crédibilité des élections africaines ? Scrutins à rallonge, scores soviétiques, opposants muselés, bourrages d’urnes… Dans de nombreux pays, le modèle électoral importé d’Occident s’est transformé en outil de légitimation pour des régimes autoritaires qui maquillent la dictature sous les habits de la démocratie.

Loin d’être un moyen d’expression populaire, le vote est devenu une formalité permettant aux élites de conserver le pouvoir en instaurant la peur, la corruption et la répression comme méthode de gouvernance.

— RDC – En décembre 2023, le pays a voté pendant sept jours, en violation des normes électorales internationales. Des machines à voter retrouvées dans les domiciles de candidats ont confirmé la mascarade.

— Rwanda – Sous un régime de fer depuis 1998, Paul Kagame continue de régner sans partage. Ses opposants sont arrêtés, exilés ou assassinés, parfois même à l’étranger. Résultat : 99,18 % des voix aux dernières élections.

— Tchad – Après le coup d’État de 2021, Mahamat Déby s’est autoproclamé président et a consolidé sa mainmise. L’un de ses principaux opposants a été exécuté en pleine période électorale. Scrutin verrouillé, il obtient 61 %.

— Côte d’Ivoire – Les figures gênantes comme Gbagbo, Tidjane Thiam, Blé Goudé ou Soro ont été écartées. Résultat : Alassane Ouattara remporte sa dernière élection avec 89,7 %, dans un climat de tension et de méfiance.

— Gabon – Le putschiste Brice Clotaire Oligui Nguema, après avoir promis la transition civile, a changé la Constitution, quitté l’armée et fait arrêter Ali Bongo. À la présidentielle de 2025, il s’offre un triomphe à 98 %.

— Cameroun – À 93 ans, Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans, vient de décrocher un huitième mandat avec 53 % des voix, après avoir écarté Maurice Kamto, son principal rival.

— Tanzanie – Samia Suluhu Hassan a fait arrêter son opposant Tundu Lissu six mois avant le scrutin. Malgré 700 morts lors des manifestations post-électorales, elle est proclamée victorieuse avec 97 %.

En Afrique, les urnes ne parlent plus, elles confirment. Le bulletin de vote n’est plus l’arme du peuple, mais le cachet officiel de l’oppression.
Entre rêve démocratique et cauchemar autoritaire, le continent semble enfermé dans un cycle électoral sans alternance, où l’élection n’est plus synonyme d’espoir, mais de résignation.

Rédaction

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