Le débat relancé par Corneille Nangaa, coordinateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), autour de l’instauration d’un État fédéral en RDC, crée désormais des tensions au sein même de son mouvement.
Cette fois, c’est Franck Diongo — pourtant l’un des cadres ayant accompagné l’ancien président de la CENI dans son initiative politico-militaire — qui désavoue ouvertement cette orientation. Dans une tribune publiée sur ses réseaux sociaux, il rejette la proposition fédéraliste.
Pour lui, la forme de l’État n’apporte aucune garantie en matière de paix ou de développement. Il rappelle que les véritables maux du pays sont : « crise de gouvernance, crise de leadership, crise de vision, crise de démocratie, crise identitaire, crise de légitimité, crise de moralité et d’éthique politique. Dans ce contexte, promouvoir un discours fédéraliste tout en invoquant l’article 64 pour une révolution constitutionnelle crée une incohérence majeure. Cela peut transformer une démarche constitutionnelle en initiative perçue comme anticonstitutionnelle. »
Le paradoxe est d’autant plus souligné que l’AFC–M23, qui affirme avoir empêché Félix Tshisekedi de modifier la Constitution, porte désormais un projet qui nécessiterait précisément une révision de cette même Constitution. Une contradiction pointée par plusieurs analystes.
Diongo insiste également sur les risques politiques de cette démarche : « Ce discours peut être interprété comme un prétexte à la balkanisation de la RDC, renforçant les soupçons et les accusations déjà existants. Il offre également au pouvoir actuel l’opportunité de justifier une révision opportuniste de la Constitution sous couvert d’unité nationale, menaçant l’équilibre issu du compromis historique. »
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