Un conducteur de moto, communément appelé « wewa » à Kinshasa, a été détenu pendant sept mois sans être entendu par un juge ni assisté par un avocat. Selon son témoignage relayé dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, il aurait dépassé l’escorte d’un officier militaire, ce qui aurait justifié sa détention.
Ce conducteur a également affirmé qu’au moment de son arrestation, il n’a jamais été informé de l’infraction qu’il aurait commise, ni reçu de procès-verbal détaillé, et aucune autre information précisant les charges retenues contre lui, encore moins une convocation judiciaire régulière. Simplement, dit-il, le dépassement de convoi aurait suffi à justifier son arrestation.
Dans la vidéo montrant ce conducteur, on peut voir la détérioration de son état de santé. Il aurait passé sept mois sans manger. Cette situation délicate est l’un des nombreux exemples d’arrestations arbitraires documentées par plusieurs organisations de droits humains.
Le témoignage de ce conducteur est choquant et loin d’être isolé. À Kinshasa, comme dans d’autres villes du pays, de nombreux citoyens dénoncent des détentions prolongées, des arrestations arbitraires et un accès limité à la justice.
Ce type d’interpellation relance également le débat sur les abus de pouvoir de certains officiers militaires en République Démocratique du Congo. La question fondamentale est : dans quelle mesure un citoyen peut-il être privé de liberté pour un acte qui ne constitue pas une infraction pénale clairement définie par la loi ? Selon le droit congolais, toute arrestation doit être fondée sur un motif légal, précis et proportionné. Or, dans ce cas précis, ces garanties semblent avoir été ignorées.
Kim Essaïe


