Longtemps considéré comme un fidèle de Vital Kamerhe et cadre de son parti, l’UNC, Crispin Mbindule est aujourd’hui présenté comme celui qui veut renverser son ancien mentor politique. Une scène qui rappelle 2020, lorsque l’UDPS avait utilisé Chérubin Okende, ex-kabiliste, pour porter la pétition qui fit tomber Jeanine Mabunda et la majorité kabiliste à l’Assemblée nationale. Cette fois, c’est Mbindule qui est mis en avant pour fragiliser Kamerhe.
Qui est Crispin Mbindule Mitono ?
Élu pour la première fois en 2011 à Butembo sous la bannière de l’UNC, il est réélu en 2018 toujours avec le même parti. Mais son parcours politique est marqué par des paradoxes. Lors de la campagne présidentielle de 2018, alors que son chef Kamerhe soutenait Félix Tshisekedi, Mbindule choisit de battre campagne pour Martin Fayulu, l’adversaire principal du futur président. Dans une sortie restée dans les mémoires, il appelle même la population de Butembo à « jeter des pierres » sur Tshisekedi s’il osait se rendre dans la ville.
En 2023, il rompt définitivement avec l’UNC et rejoint l’UDPS, le parti présidentiel, sous lequel il se représente aux législatives.
Un élu controversé
Mbindule s’était déjà fait remarquer en 2019-2020, au plus fort de l’épidémie d’Ebola à Beni et Butembo. À contre-courant des autorités et des équipes médicales, il affirmait publiquement qu’« Ebola n’existait pas », parlant d’un simple « montage » des autorités. Ses déclarations, reprises par une partie de la population, avaient alimenté la méfiance contre les campagnes de vaccination et provoqué des attaques contre les équipes sanitaires. Ce climat de défiance avait contribué à aggraver la propagation du virus, causant des centaines de victimes.
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