Au Nord-Kivu, la sécurité reste pour l’heure difficile à «cerner» Si plusieurs signaux évoquent le départ des rebelles de l’AFC/M23 de Katondi, la situation demeure pourtant complexe à vérifier sur le terrain. Selon des sources locales, il est encore impossible de confirmer un désengagement total de l’AFC/M23 dans les secteurs récemment désignés comme abandonnés, ce qui entretient l’incertitude chez les habitants et les acteurs humanitaires.
Dans le territoire de Lubero, les mouvements observés s’apparentent davantage à une recomposition qu’à un retrait définitif. Entre retraits tactiques ponctuels, réoccupations ciblées et maintien d’une présence armée sous des formes variables, les populations signalent une alternance de phases de calme et de tensions. Parallèlement, la multiplication de forces d’autodéfense contribue à modifier les équilibres locaux, sans pour autant lever les inquiétudes liées aux risques de violences sporadiques.
Cette dynamique nourrit des lectures divergentes. Pour certains, l’abandon de Katondi pourrait marquer le début d’une nouvelle approche stratégique. Pour d’autres, il s’agirait plutôt d’un repositionnement visant à se rapprocher de zones jugées plus avantageuses sur le plan militaire ou logistique. Dans un contexte où l’information circule au gré des rumeurs et des témoignages fragmentaires, la difficulté à établir les faits limite les certitudes.
Dès lors, la question centrale, dans les prochains jours, sera de déterminer si les signaux de désengagement reflètent un changement durable ou une simple transition opérationnelle. Tant que des éléments concrets ne permettent pas de confirmer une sortie totale de l’AFC/M23, le Nord-Kivu risque de rester dans une zone grise sécuritaire, entre espoir prudent et vigilance accrue.
Samuel Nakweti


