Les deux camps. L’un nous dit qu’il faut changer la constitution. L’autre répond qu’il faut s’en méfier, en brandissant les risques de soudanisation et de balkanisation. Dans ce bras de fer, la population ne voit plus seulement un débat juridique, mais une tension permanente, faite d’hésitations, de déplacements prudents et de calculs de peur. Or, quand la nation est sous pression, la responsabilité impose de regarder l’avenir avec méthode, pas avec slogans.
Ce qui compte, c’est la manière de poser les questions. La proposition de révision doit être expliquée clairement, avec du concret: ce qui change exactement, qui décide, comment les abus sont empêchés, et quelles garanties protègent la stabilité des institutions. De son côté, l’avertissement de Joseph Kabila ne doit pas rester dans l’ombre d’un scénario catastrophe; il doit être appuyé par des points précis, des effets attendus, et des alternatives crédibles, faute de quoi la vigilance devient un narratif de menace qui enferme le pays.
La RDC mérite un patriotisme actif: ne pas céder à la peur, ni au réflexe inverse du déni. Que chaque camp accepte de discuter le “comment” et les garde-fous, plutôt que d’effrayer par images. Une constitution est un pacte national; elle doit être traitée avec sérieux, transparence et consensus raisonnable, pour que la République avance sans être otage des récits, et pour que le futur ne soit pas seulement redouté, mais construit.


