Porté disparu depuis plusieurs mois à Kinshasa, Mwebe Nganzo Mbo — cadre mobilisateur du parti de Jean-Marc Kabund — a finalement été retrouvé à Lyon, en France. Dans un témoignage manuscrit que nous avons pu consulter, il décrit un parcours marqué par des persécutions politiques, plusieurs arrestations et une fuite rocambolesque qui l’aurait conduit à l’exil. Si ces affirmations se confirment, elles mettraient en lumière les pratiques inquiétantes de répression visant certains militants dans la capitale congolaise.
Selon un membre de son entourage politique, l’affaire remonterait à septembre 2017 : l’arrestation de son frère, militant de l’UDPS, aurait entraîné la sienne. Libéré en 2018 grâce à l’intervention de Jean-Marc Kabund, Mwebe Nganzo Mbo affirme avoir été recruté par l’actuel leader de l’Alliance pour le Changement en juillet 2022 comme mobilisateur à Mombele. Cependant, l’arrestation de Kabund, en août 2022, aurait provoqué un tournant. Craignant d’être ciblé par les services de sécurité, il se serait caché avant d’être de nouveau arrêté, puis détenu dans des conditions particulièrement difficiles.
C’est durant cette détention qu’il dit avoir bénéficié d’une aide inattendue : deux prêtres emprisonnés avec lui auraient orchestré son évasion. Selon son proche, il se serait évadé déguisé en religieux, aurait rejoint clandestinement Maluku, puis traversé le fleuve Congo jusqu’à Brazzaville.
Réfugié durant plusieurs mois dans une paroisse brazzavilloise, Mwebe raconte qu’un fidèle lui aurait ensuite facilité un départ vers l’Europe. Il embarque pour la France en février 2023. Arrivé à Paris sans document de voyage, il affirme avoir été conseillé de demander l’asile politique, avant d’être hébergé par un oncle installé dans le pays.
Désormais basé à Lyon, il dit craindre pour sa sécurité en cas de retour à Kinshasa. Sa disparition, qui avait suscité l’inquiétude dans son quartier puisqu’il serait aussi suspecté d’avoir des liens avec les milices Mobondo qui aurait commencé ses activités dans son village dans l’ancien Bandundu, prend aujourd’hui les allures d’une exfiltration aussi improbable que révélatrice du climat de tension entourant certains militants de l’opposition.
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