Le président israélien Isaac Herzog est arrivé ce mardi à Kinshasa pour une visite de travail de 24 heures. Il dirige aujourd’hui un État régulièrement pointé du doigt par les Nations Unies pour les crimes commis contre les civils dans la bande de Gaza depuis près de deux ans. Son Premier ministre, Benjamin Netanyahu, fait d’ailleurs l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale pour les opérations menées dans ce territoire palestinien.
En accueillant le président israélien, la RDC se positionne parmi les rares pays africains à afficher ouvertement sa proximité avec Israël — un pays dont les liens avec Kigali sont depuis longtemps dénoncés. Selon plusieurs rapports et enquêtes de presse, Israël aurait fourni au Rwanda le logiciel d’espionnage Pegasus, utilisé pour surveiller des opposants politiques et des pays considérés comme hostiles, dont la RDC. En 2024, lors d’une visite à Kigali, Benjamin Netanyahu avait d’ailleurs affirmé que « les relations entre Israël et le Rwanda n’ont jamais été aussi solides ».
Ces relations étroites ne datent pas d’hier : en 2018, les deux pays avaient déjà conclu un accord très controversé, condamné par de nombreuses ONG, visant à expulser d’Israël des réfugiés africains et demandeurs d’asile.
Dès lors, une question s’impose : comment le président Tshisekedi peut-il réclamer la reconnaissance du génocide congolais tout en se rapprochant d’un État accusé de commettre un génocide à Gaza ?


