Défis de performance des entreprises publiques, l’OCC à l’épreuve de la bonne gouvernance ( Tribune de Sigis Aberi
Le rapport de la Banque Mondiale intitulé : « Du parking à la voie publique, réformer les entreprises publiques » est sans appel sur l’état actuel des entreprises publiques en RDC. Entre 2014 et 2024, les entreprises publiques ont accumulé environ 5.3 milliards de dollars des pertes pesant ainsi lourdement sur l’économie nationale.
Ce constat critique trouve sa genèse dans plusieurs failles de gestion, et ce, particulièrement dans la carence de gouvernance des entreprises publiques. Au regard de l’état des lieux de ces dernières, une problématique majeure se soulève : existe-t-il un déficit de gouvernance dans le chef des entreprises publiques ou s’agit-il d’une absence de gouvernail ? Le gouvernail étant compris ici comme l’ensemble des outils et textes réglementaires de gestion et de management.
Dans le souci de transformer ses Entreprises, dîtes du portefeuille de l’État, le gouvernement de la R.D. du Congo, avait initié en 2008, une série de réformes systémiques en perspective de remédier aux problèmes de gestion, auxquels elles étaient confrontées en vue de les rendre performante et compétitive.
Plus d’une décennie après l’implémentation de ce projet de transformation, le résultat escompté est de loin satisfaisant. À cet effet, un regard critique s’impose, tant dans l’opinion que dans le milieu élitiste.
Le constat général dégagé des résultats attendus est non seulement mitigé, mais suscite également des interrogations, au regard des espoirs suscités et de ressources mobilisées par le Trésor public.
## État des lieux des entreprises publiques
La gouvernance actuelle des entreprises du portefeuille et des services publics interroge. Elle donne l’impression d’une navigation à vue, au gré des vagues, sans repère et sans un cadre de fonctionnement opérationnel.
Ce management peu rassurant, pour ne pas dire chaotique, s’observe par des griefs de gestion, notamment : les arriérés des salaires, les endettements excessifs, les découverts bancaires, la pléthore dans les effectifs, la mauvaise gestion de carrière, le détournement, l’absence d’outil de production pour les uns et leur vétusté pour les autres, sans oublier des problèmes endogènes liés à chaque secteur d’activité.
En définitive, ces manquements dans la gestion exposent avec acuité les questions de Gouvernance des Entreprises du Portefeuille de l’État. Sur le plan financier, « aucune d’elles n’a réalisé des bénéfices », déclarait l’ancien Ministre des finances Nicolas Kazadi.
Rappel : Le COPIREP comme cadre de réformes
De prime abord, il est important de signifier que les difficultés que traversent les entreprises publiques ne sont pas liées à un problème de Gouvernail, c’est-à -dire de l’absence d’un cadre réglementaire de gestion composé d’outils de gestion et de management. En revanche, il s’agit davantage d’une carence de Gouvernance publique.
Pour redonner de la viabilité à ces entreprises, le Gouvernement avait mis en place le Comité de pilotage de réformes des entreprises publiques, COPIREP en sigle, comme cadre pour amorcer la transformation.
Au terme de la Loi N° 08/007 du 07 Juillet 2008 portant Dispositions générales relatives à la transformation des entreprises publiques, ces dernières seraient :
1. Soit Transformées en Sociétés commerciales ;
2. Soit Transformées en Établissements Publics ou Services publics ;
3. Soit tout simplement dissoutes et liquidées.
Dans cette perspective, les entreprises Publiques ont été dotées de structures semblables à celles des entreprises privées, comme par exemple : le Conseil d’administration, le comité de Direction Générale, le collège des Commissaires aux Comptes.
En outre, elles bénéficient de cadre de référencement pour uniformiser les procédures dans l’exécution de leur travail et ainsi garantir des Résultats positifs.
Cependant, malgré cet arsenal institutionnel et réglementaire, la gouvernance pose de sérieux handicaps dans la majorité des entreprises de l’État.
Le taux de croissance annuel du PIB a maintenu un rythme soutenu ces dix dernières années. Dans la même logique, la RDC affiche des taux de croissance élevés en Afrique subsaharienne. Cette tendance positive traduit la santé de l’environnement des affaires en RDC. En revanche, les Entreprises de l’État ont produit des résultats négatifs. Quel contraste ?
La gouvernance, une panacée aux problèmes de gestion des entreprises ( Cas de l’OCC)
En si peu des temps, et ce, grâce à une gouvernance fondée sur la redevabilité, le comité de gestion et le conseil d’administration, pilotés respectivement par le DG, le professeur Pierre LOHOHOLA, et le PCA, le Dr Noha, ont modelé la gestion de l’Office et, par conséquent, facilité l’obtention des résultats positifs à un temps record.
Les indicateurs socio-financiers de base autrefois dans le rouge redeviennent progressivement verts. De ce fait, la transformation organisationnelle qui s’ensuit est l’image du leadership de SEM et de ses recommandations strictes en matière de gestion et des investissements.
De ce fait, la transformation organisationnelle qui s’ensuit, telle qu’on l’observe à l’OCC, est le résultat, d’une part, du leadership de son SEM JPK, autorité de tutelle, et, d’autre part, de l’application rigoureuse des outils de bonne gouvernance, notamment : (a) la fixation des objectifs SMART, confère les 10 points d’action de l’actuel comité de gestion, (b) la gestion axée sur les résultats, (c) la recevabilité et la transparence dans la chaîne de commandement, (d) les efforts dans la digitalisation des opérations.
En somme, le cas de l’OCC semble ouvrir une nouvelle perspective dans la compréhension de la performance des entreprises publiques : au-delà des outils et des structures formelles de gestion, c’est la qualité de gouvernance qui fait la différence et constitue par conséquent le véritable levier de transformation structurelle.
Tribune de Sigis-Ehud ABERI LUMBULE, économiste.


