Trois députés nationaux, Gratien Iracan, Justin Bitakwira et Willy Mishiki, ont vivement critiqué la gestion de l’état de siège en vigueur dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Selon eux, cette mesure, initialement destinée à rétablir la paix, s’est transformée en source de dérives et d’inefficacité.
A en croire les élus nationaux, ces prises de position révèlent l’insatisfaction croissante au sein de l’Assemblée nationale quant à la gestion militaire de la crise dans l’Est de la RDC, alors que la situation sur le terrain semble stagner.
Le député Gratien Iracan a dénoncé ce qu’il qualifie de « business», orchestré par les généraux déployés sur le terrain. D’après lui, l’État de siège est devenu aujourd’hui un business pour les généraux. Ils exploitent illicitement les minerais au lieu de protéger la population, a-t-il affirmé tout en pointant du doigt les abus commis par certains militaires.
De son côté, Justin Bitakwira a interpellé directement le Président de la République, l’exhortant à mettre fin à ce conflit qui dure. « On nous interdit de nous plaindre, nous qui subissons la guerre. Et c’est ici le moment de dire au Président qu’il a intérêt de nous écouter pour que cette guerre prenne fin», a-t-il déclaré.
Enfin, quant à Willy Mishiki, il a jugé l’État de siège « limité » dans ses résultats. « Aucune ville n’a été récupérée depuis son instauration » a-t-il regretté, avant de fustiger la manière dont la proposition de loi relative à l’État de siège a été présentée, sans possibilité pour les députés de débattre.
« Nous sommes des élus, pas des garçons de courses», a-t-il conclu, avec indignation.
Instauré le 6 mai 2021 par le Président Félix Tshisekedi, cette mesure a été mise en place dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, situées à l’est du pays, pour tenter de rétablir la sécurité et lutter contre les groupes armés qui terrorisent ces régions depuis des décennies, mais jusqu’à aujourd’hui, l’impact de cette dernière laisse à désirer.
Samuel MUTONI


