Quelques mois après avoir rompu ses relations diplomatiques avec Kigali, la Belgique opère un spectaculaire rapprochement. Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères belge séjourne depuis quelques jours dans la capitale rwandaise pour participer au sommet des ministres de la Francophonie — un geste fort, qui interroge.
Que s’est-il passé entre-temps ? Pourquoi ce revirement ?
D’après nos informations, Bruxelles soutenait depuis 2019 la position de Kinshasa sur la scène internationale, affichant même un appui marqué au président Félix Tshisekedi. Mais l’appel récent de la Belgique à un « dialogue national et inclusif » entre Congolais, et le refus implicite du chef de l’État d’y répondre, auraient profondément modifié la perception belge du dossier.
Résultat : la Belgique revoit sa stratégie régionale et adopte une posture beaucoup plus nuancée — voire distante — vis-à-vis de Kinshasa.
Un soutien américain… mais jusqu’à quand ?
Pour l’heure, Félix Tshisekedi conserve l’appui plein et entier de Washington malgré son refus de convoquer un dialogue national. Mais la question de la durée de ce soutien reste ouverte.
D’autant que, côté belge, la justice vient d’ouvrir une enquête préliminaire visant à examiner de près les comptes bancaires de plusieurs proches du président. Une procédure qui pourrait coûter cher à sa famille si elle débouche sur un procès dans les prochains mois.


