Petit-fils de Patrice Lumumba, longtemps perçu comme une figure emblématique de la dénonciation des dérives financières, Jean-Jacques Lumumba a surpris une partie de l’opinion par sa récente prise de position en faveur de la révision constitutionnelle, portée par la majorité au pouvoir.
Exilé en Europe pendant près d’une décennie après avoir révélé un vaste réseau présumé de malversations impliquant notamment Francis Mtwale [ Frère de Joseph Kabila ] , Corneille Nangaa et plusieurs sociétés écrans, il s’était imposé comme l’un des visages de la lutte anticorruption en République démocratique du Congo.
Mais depuis son retour d’Europe, le ton a changé. Dans une intervention remarquée sur une télévision locale, le banquier a qualifié la Constitution de 2006 de « Constitution des belligérants », un argument souvent repris par les soutiens du pouvoir en place.
Ce repositionnement suscite interrogations et critiques. Certains observateurs s’étonnent notamment de son silence actuel sur les accusations récurrentes de détournements de fonds publics en RDC. D’autres évoquent un possible rapprochement avec les sphères dirigeantes, allant jusqu’à suggérer qu’il aurait bénéficié d’appuis au plus haut niveau de l’État pour faciliter son retour à Kinshasa.
De figure de proue de la lutte anticorruption à voix jugée désormais alignée sur le pouvoir, Jean-Jacques Lumumba semble incarner un tournant qui ne laisse pas indifférent dans le débat public congolais.


