Les chiffres tombent, froids et implacables. Mais derrière eux, ce sont des vies qui s’éteignent. Dans la zone de santé de Popokabaka, au Kwango, l’épidémie de choléra officiellement déclarée le 25 juin porte déjà un lourd bilan : 136 cas recensés, et 10 morts.
Tout a commencé par des alertes discrètes, presque ignorées, dès le 24 mai. Puis la courbe a lentement grimpé. Jusqu’à ce que les analyses de l’Institut national de recherche biomédicale confirment l’inévitable : trois cas positifs sur onze échantillons. Un seuil suffisant pour déclencher l’alerte, mais déjà en retard sur la réalité du terrain.
Car pendant que les prélèvements suivaient leur chemin vers Kinshasa, la maladie, elle, avançait plus vite. Dans les villages touchés, les cas se multipliaient, et avec eux, les décès. Dix personnes ont déjà succombé — dix trajectoires brisées, emportées par une infection pourtant évitable.
Face à cette progression, les autorités assurent avoir réagi rapidement. Des équipes médicales ont été déployées pour contenir la propagation et prendre en charge les malades. Mais l’écart entre la vitesse de l’épidémie et celle de la riposte reste une inquiétude silencieuse.
Désormais, la province entre dans une phase critique. Chaque nouveau cas peut alourdir un bilan déjà préoccupant. Et dans cette lutte contre le choléra, le temps n’est plus un allié : il est devenu l’ennemi
Fiston Muloso/ Journaliste


