À peine quatre ans après sa naissance, l’Alliance pour le Changement (A.Ch) de Jean-Marc Kabund subit une véritable saignée politique. Plusieurs jeunes cadres, autrefois présentés comme les soldats les plus offensifs du parti, ont claqué la porte avant d’aller se réfugier dans les bras de l’UDPS/Tshisekedi.
Le spectacle, au siège du parti présidentiel, avec ressemble moins à de simples adhésions qu’à une démonstration de force politique. Une scène qui alimente les soupçons d’un vaste débauchage piloté en coulisses pour affaiblir un opposant devenu de plus en plus encombrant.
Pour un analyste politique ayant requis l’anonymat, il ne fait presque aucun doute qu’il s’agit d’un coup politique ciblé contre Jean-Marc Kabund. « Le pouvoir veut casser la dynamique autour de Kabund avant qu’elle ne prenne davantage d’ampleur », estime-t-il.
Depuis sa dernière sortie médiatique, l’ancien président de l’Assemblée nationale semble avoir retrouvé une visibilité politique capable de troubler certains cercles du pouvoir. Ses prises de position offensives et son discours de rupture continuent de trouver un écho auprès d’une partie de l’opinion, malgré les départs enregistrés dans son camp.
Mais une question dérange : comment des militants qui, hier encore, dénonçaient avec virulence la gouvernance actuelle, peuvent-ils aujourd’hui rejoindre sans gêne le même système qu’ils accusaient de tous les maux ? Pour plusieurs observateurs, l’argument du « malaise interne » avancé pour justifier ces départs peine à convaincre.
Derrière ces ralliements spectaculaires, beaucoup voient surtout la vieille méthode politique congolaise : affaiblir l’adversaire par le débauchage, l’intimidation ou les promesses de repositionnement.
Samuel Nakwetį


