Tout est communication, et Kabund l’a compris. Dans une scène politique de plus en plus tendue, il aiguise sa “langue de rasoir” pour couper à la racine toute velléité du régime Tshisekedi de s’éterniser au pouvoir en touchant la constitution. Mais derrière l’attaque, il y a une trajectoire : tenir une ligne de crête, où la rupture sert à ouvrir la voie, sans basculer dans le chaos. Il ne s’agit plus seulement de contester : il faut occuper le terrain, occuper les esprits, et occuper le futur.
C’est dans cette logique que la célébration du quatrième anniversaire de l’Alliance pour le changement (A.Ch.) n’a pas été qu’un moment de communion militante. À Kinshasa, l’événement devient tribune, et la tribune devient signal. À travers sa dernière sortie médiatique, Jean-Marc Kabund cherche à s’imposer comme un pivot de l’opposition congolaise : moins spectateur de l’histoire, plus auteur d’un rapport de force. Face à un pouvoir qui gouverne, il répond par une parole qui dérange, en durcissant le ton et en appelant clairement à « mettre fin » au régime en place, qu’il juge défaillant.
Pourtant, Kabund ne se laisse pas enfermer dans la seule radicalité. Son discours suit un fil : dénoncer les plaies du quotidien—pauvreté, manque d’électricité et d’eau, insécurité—puis proposer une sortie de crise politique fondée sur un dialogue inclusif, crédible et sans exclusion. C’est là que se loge sa stratégie : frapper sur le fond, mais construire sur le chemin. En se posant comme l’alternative à Tshisekedi, il veut faire de l’opposition une force qui refuse la prolongation, tout en promettant un ordre politique à reconstruire.
Samuel Nakwetį


