L’Est de la République démocratique du Congo replonge dans l’effroi. Onze fosses communes ont été découvertes dans les cités de Sange et Luvungi, territoire d’Uvira, sept mois après les massacres de civils attribués au M23, un mouvement rebelle soutenu par le Rwanda, selon l’Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu cité par l’agence congolaise de Presse (ACP).
Fruit d’une enquête conjointe menée avec la 33ᵉ région militaire, cette mission a permis de localiser plusieurs sites d’inhumation collective et de recueillir des éléments susceptibles de constituer des preuves de crimes graves. Pour les autorités judiciaires militaires, ces découvertes marquent une étape cruciale dans la manifestation de la vérité.
« Des enquêtes judiciaires ont été ouvertes contre certains responsables de l’AFC/M23, notamment Bertrand Bisimwa et ses alliés, afin d’établir les responsabilités dans ces exactions », a déclaré le colonel magistrat Kumbu Ngoma, auditeur militaire supérieur du Sud-Kivu.
Parallèlement, les investigations s’étendent au bombardement meurtrier survenu dans le territoire de Fizi, dans la nuit du 7 au 8 juillet, qui aurait coûté la vie à plus de cinquante civils. Les enquêteurs s’emploient à reconstituer les circonstances de cette attaque et à identifier ses auteurs présumés en vue de poursuites judiciaires.
Sur le terrain, les premières constatations viennent corroborer des signalements antérieurs. Des habitants et acteurs locaux avaient déjà évoqué l’existence de fosses communes dans la région d’Uvira. Au moins quatre sites avaient été identifiés, dont deux près d’une ancienne base militaire occupée par le M23-AFC au quartier Kilomoni, dans la commune de Kavimvira, contenant plusieurs dizaines de corps. D’autres fosses ont été mises au jour à Kilibula (Kalundu) et à Kabimba, cette dernière renfermant une cinquantaine de dépouilles.
Face à cette tragédie, la société civile appelle désormais à une priorité absolue : l’identification des victimes. Pour les familles, il s’agit de lever le voile sur le sort de leurs proches disparus et d’entamer un travail de deuil longtemps suspendu.
Ancien bastion stratégique des opérations militaires, Uvira a été le théâtre d’une recrudescence des violences avant la prise de contrôle de plusieurs localités par le M23-AFC, soutenu par l’armée rwandaise. Aujourd’hui, les autorités judiciaires assurent poursuivre leurs investigations afin d’établir les responsabilités pénales et, espèrent-elles, rendre justice aux victimes.
Au-delà des chiffres, ces fosses communes rappellent une réalité brutale : celle d’une crise sécuritaire persistante dont les cicatrices restent béantes dans l’Est de la RDC.


