La neutralité en politique peut, elle aussi, relever d’une stratégie. Mais dans le cas présent, difficile de parler d’une posture à la Ponce Pilate. Fort de son expérience, Vital Kamerhe sait qu’en matière aussi sensible que la révision constitutionnelle, se laver les mains revient moins à s’effacer qu’à peser — discrètement — en faveur d’un rapport de force, au bénéfice du peuple plus que des acteurs politiques.
Autour de son déplacement, les commentaires, souvent ambigus, laissent entrevoir un malaise plus profond. L’homme de Walungu semble de moins en moins disposé à endosser le rôle d’éternel marchepied de la 10ᵉ Rue.
Une distance s’installe, perceptible, entre fidélité politique et affirmation personnelle.
Car s’engager dans le combat pour le changement de la Constitution ne lui garantirait, à en croire certains observateurs, aucune consécration.
L’histoire récente plaide en ce sens : de l’Accord d’Addis-Abeba au retrait de sa candidature au profit de l’UDPS, les concessions n’ont pas manqué. Pourtant, à chaque étape, le même constat revient — celui d’un allié progressivement étouffé, relégué, écrasé dans l’ombre des équilibres politique.
Dieudonné Songo


